Fouille de la porte ouest
du
rempart de Gergovie
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Conduite du projet : Association pour la Recherche sur l'Age du fer en
Auvergne- Responsable d'opération : Thomas Pertelwieser, assisté de Iris Ott
- Photos : Thomas Pertelwieser, ARAFALa fouille de 2005 a permis de dégager la porte Ouest dans son intégralité. Le résultat principal est que la quasi totalité du site a été dégagé au cours des fouilles de Brogan et Desforges en 1937 à 1938, chose qui était impossible de prévoir avant les opérations de 2004 et 2005
Afin de
pouvoir documenter
toutes les structures de la porte Ouest, les réfections modernes sur
les parties hautes des murs ont été enlevées dans tous les secteurs de
la fouille.Le
bastion Ouest
la
partie ouest de la pièce du bastion Ouest est le seul secteur qui livre
des niveaux archéologiques préservés, c'est la seule qui ne fut pas
entièrement fouillée.
Ces niveaux comprennent essentiellement
des couches de remblais qui ont servi au nivellement du substrat.
Le
mobilier collecté dans ces niveaux, relativement homogène bien que peu
abondant, nous donne un terminus post quem pour la construction de
cette porte. Même s'il n'est pas abondant, ce mobilier permet de donner
de proposer une datation aux années 20-5 av. J.-C. pour la construction
de la porte. Cette proposition de datation, que l'on pourra
difficilement préciser, compte tenu du caractère ténu des niveaux
archéologiques conservés, permet toutefois de repousser confirmer la
datation ancienne du rempart antérieur en pierres sèches.
Le mur d'environ 90 cm de largeur est conservé sur 7 assises de pierres au maximum.
De gros blocs de basalte ont servi à remblayer la pièce jusqu'au niveau de la base des murs ouest et nord. Ces couches de remblai passent sous les murs ouest et nord mais s'appuient contre le parement interne du mur sud. Il semble toutefois que ces trois murs sont contemporains (comme en témoigne les chaînages d'angle observé) et résultent d'une même phase de construction.
L'enlèvement de ce remblai a révélé la présence d'un muret en pierre sèche, orienté vers le nord-estet de son éboulis. Seul le parement Nord-Ouest de ce muret est conservé sur une seule assise de pierres. L'extrémité sud du mur est complètement détruite. À son autre extrémité, il passe sous le mur nord de la pièce.
Sous ce niveau une découverte inattendue a été
faite à la fin de la campagne de fouille. En partie engagé sous les
murs Sud et Ouest de la pièce, a été mis en évidence l'ouverture d'un
puits ou d'une citerne. En plan, cette structure est de forme
circulaire. Sa construction fait appel à la pierre pour la partie
dégagée du cuvelage. Elle n'a fait l'objet, compte tenu de la date de
sa découverte, que d'une fouille superficielle sur une hauteur de 90 cm
Le mobilier céramique présent dans ces couches,
notamment un petit lot homogène de vaisselle d'importation (sigillée
italique et gobelet à parois fines), permet de donner un terminus post
quem aux années 20 av. J.-C. pour cette phase de construction .
Le mobilier du remblai contient également plusieurs éléments
métalliques qui peuvent appuyer cette identification à une phase de
construction.
L'entrée et la porte
Dans le secteur
de la porte, la fouille a livré des vestiges qui peuvent indiquer
l'existence d'une construction précédente à la porte gallo-romaine. A
l'origine, le rempart en pierre sèche semble avoir continué à
l'emplacement de la porte et un alignement des possibles creusements de
poteaux verticaux pourrait correspondre à une telle construction..
L'enlèvement de la couche végétale et des déblais des anciennes
fouilles a révélé la présence d'un éboulis de blocs de basalte qui
s'étend vers le Sud (en direction de la pente)et vers le Nord contre la
base de la façade externe du bastion Ouest. Sous cet éboulis la
structure en pierres se présente dans son état original.
Il s'agit d'une structure irrégulière, sans organisation intérieure.
Son bord Nord est complètement désorganisé alors que les faces Sud et
Est possèdent un parement externe très irrégulier bâti en pierres
sèches de taille variable. Ce parement est préservé sur jusqu'à 3
assises de pierres. L'axe du parement est parallèle à l'axe de l'ancien
d'accès depuis le bas et tourne vers le nord-est en direction de la
porte. L'ancien accès présente, comme cela avait été remarqué par nos
prédécesseurs, une surface constituée d'une couche de petits galets
basaltiques, dernier vestige d'un empierrement originellement plus
conséquent. Une fine couche de terre végétale la sépare du rocher.
Dans ce secteur de la pente, la roche présente plusieurs marches dont
l'origine naturelle est probable. À l'extrême limite du plateau, à
proximité du bord Ouest du chemin d'accès et à 0.90 m du parement de la
structure massive en pierres, une petite structure en creux a été
dégagée. Il peut s'agir d'un trou de poteau. Son remplissage a livré un
clou enfer. Toutes les couches situées à cet emplacement (structure en
pierres incluse) ont livré un mobilier très fragmenté et très érodé
avec quelques contaminations par des éléments modernes (verre de
bouteille, chaîne de tronçonneuse').Sous la structure en pierre a été
mis en évidence une fine couche de terre contenant un grand nombre de
fines inclusions de mortier de chaux. Ce niveau, qui repose lui-même
sur un paléosol surmontant le substrat, peut être interprété comme
correspondant au niveau de construction de la porte maçonnée. Le
mobilier, qui est très peu abondant, ne permet toutefois pas de
proposer une datation pour la mise en place de ces couches
Contrairement à nos espérances, il n'a pas été possible de constater si
le rempart ancien possédait une entrée ou porte à cet emplacement. La
découverte de trois fosses ou trous de poteaux alignés dans cet espace
en 2004laissait pourtant espérer la mise en évidence d'une construction
à poteaux porteurs. Aucune autre structure analogue n'a été découverte
cette année. La structure massive en pierres sèches située en avant du
bastion ouest ne peut être identifiée aux restes d'un rempart ruiné. Il
s'agit probablement du stockage des pierres résultant du démontage du
rempart protohistorique au moment de l'édification de la porte
maçonnée. Son parement externe résulte probablement d'une activité d'
épierrage. Le chemin qui traverse cet espace et passe en partie sur les
vestiges de la porte ouest a été utilisé jusqu'au début du 20e siècle.
Cette porte correspond donc à un ré habillage d'une partie du rempart
probablement au cours de la période augustéenne
Deux
creusements de forme rectangulaire de 80 cm
sur 40 cm ont étés dégagés(Est) et de 100 cm sur 40 cm (Ouest).
Deux autres creusements
ont aussi étés dégagés à l'extrémité de la sortie de la porte.
Ces vestiges sont toutefois très clairement moins bien préservées. À
l'Est, il correspond à un emplacement vide de forme carrée de 75 cm par
65 cm, qui a du à l'origine servir à l'installation soit d'un poteau
soit d'un élément architectural en pierre. La structure Ouest est dans
un état de conservation encore plus médiocre. On peut toutefois
observer l'empreinte sur un côté soit d'un poteau ou soit d'une pierre
taillée
Sondage dans le rempart sud
Ce sondage
pratiqué en
bordure sud plateau a révélé une importante stratigraphie qui valide,
au moins d'un point de vue formel, les observations faites sur le talus
sud-est.
Toutefois le mobilier collecté
dans les niveaux correspondant donne une datation très surprenante
comprise, selon le cas, entre les années 50av. J.-C. et le plein Ier s.
ap. J.-C. (cf. contribution de Y. Deberge et A. Wittman).
Description des niveaux archéologiques dans l'ordre stratigraphique :
- Fine couche de terre avec des petites inclusions de basalte, d'environ 15 cm d'épaisseur, située directement au dessus du substrat géologique. Cette couche a livré un mobilier homogène, datable vers le milieu du Ier s. av. J.-C.
- Couche de
terre mélangée avec des pierres basaltiques de tailles allant jusqu'à
10 cm. Epaisseur :environ 25 cm.
La couche contient du
mobilier homogène, datable au début du Ier s. ap. J.-C. Par rapport sa
structure inhomogène la couche doit être interprétée comme
correspondant à un remblais.
- Blocage de pierres
en basalte ayant des diamètres allant jusqu'au 40 cm avec de cassures
fraîches et étroites. La couche possède une épaisseur maximale de 70
cm, et elle se décline vers le sud enforme d'une ' rampe '.
Ce niveau a livré du mobilier datable du dernier quart du Ier s. av.
J.C.
- Remblais de terre et de pierres basaltiques, composé de terre végétale relativement homogène. Épaisseur de la couche : 40 cm maximum. Elle est inclinée vers le sud de 30° environ. Le mobilier nous donne un terminus post quem à la transition du Ier/II e s. ap. J.-C
- Parement interne (sud) d'un mur en pierres sèches orienté Est - Ouest, situé sur le bord du plateau.Le mur est préservé sur 60 cm de hauteur. Le parement est bâti très irrégulièrement en pierres de basalte de différent volume. En comparaison avec les parements du rempart en pierres sèches, il donne une impression relativement chaotique.
- Eboulis du mur, constitué de pierres de même module.
- Remblais de terre et des pierres de 50 cm d'épaisseur, s'appuyant contre le parement interne du mur
- Remblais de terre et de pierres de 60 cm d' épaisseur.
- Terre végétale.
- Surface actuelle.
L'interprétation
de cette stratigraphie, et surtout de son association avec des éléments
mobiliers très tardifs, est à ce stade de l'analyse difficile à faire.
Il semble que ce secteur a connu des transformations importantes à la
période gallo-romaine.
Nous proposons pour les campagnes à
venir d'étendre le décapage sur ce secteur pour essayer de comprendre
quelle est l'origine à ce phénomène : reconstruction du mur à la
période gallo -romaine, perturbation antique'
La découverte d'éléments postérieurs au début du Ier s. ap. J.-C. en position primaire sous ce qui est censé correspondre au mur qui borde le plateau pose problème. Peut être faut-il mettre en relation ce phénomène avec l'utilisation de la terrasse (et d'une partie du rempart ') comme lieu de sépultures pour la période du milieu du Ier s. ap. J.- C.. C'est en tout cas ce que semble indiquer la découverte fait en 2003 sur la partie sud-est du rempart.