L'histoire d'une portion de rempart
telle que l'on peut l'imaginer après 4 ans de fouilles archéologiques.
Au début, il n'y avait
rien, ou plutôt presque rien... car sur la première couche d'humus
étaient déposés les débris de deux gros vases. C'était peut-être une
offrande avant la c
onstruction
du rempart.

Vers le VIe siècle avant J.-C., la falaise est taillée, pour en augmenter la verticalité. La falaise est maintenant très érodée, elle devait atteindre 4,50m

Les
pierres extraites servent à construire un rempart de type "Hod-Hyll"
(proche du type Kelheim)Ce qu'il reste de la 2eme couche de pierres qui
constitue la rampe intérieure du rempart.
Sur la terrasse, une couche
d'éboulis montre l'éffondrement du rempart et de l'arête supérieure de
la falaise très friable.I.l ne reste plus aucune trace du parement extérieur du rempart ni des trous de poteaux qui le maintenaient.
Peu de temps avant la conquête ou juste au moment de la conquête, un rempart est reconstruit sur les restes de l'ancienne fortification.
Vers le changement d'ère, l'oppidum est délaissé pour créer Augustonometum (Clermont-Ferrand).
Le rempart non entretenu commence à s'éffondrer, une deuxième couche d'éboulis, au pied de la falaise, livre de l'armement (orle de bouclier, fourreau d'épée) et des céramiques qui sont datés de la période de la conquête de la Gaule par César.

Peu à peu
l'oppidum de Gergovie est complètement abandonné, le temple continueà
être utilisé jusqu'au IIIe siècle.
L'érosion a
fait son
oeuvre, la plus grande partie du rempart s'est effondrée à son tour sur
la terrasse et l'herbe a tout recouvert..Les remparts de Gergovie sont
devenus le domaine des moutons, puis des touristes qui, pour contempler
le magnifique paysage de la vallée, flanent souvent sans le savoir sur
ces vestiges .
"Une rampe remplace le parement interne et les poteaux à l'arrière. Lors des fouilles, on observe généralement une absence des poutres horizontales : elles devaient pourtant être présentes et se trouver dans la partie supérieure du rempart, généralement non conservée."
(ref. La ville Celtique de Stephan Fichtl).
La largeur du
rempart est
restituable sur 7 m environ, sa hauteur sur 2,30 m au minimum (sans
parapet). En contrebas le rempart est renforcé par un escarpement
abrupt de 4,40 m environ et une terrasse.En conséquence la fortification obtient une hauteur totale d?au moins 6,70 m.A Gergovie, nous avons trouvé des trous de poteaux dans la deuxième couche de cailloux de la rampe. C'est certainement la trace des pieux arrières qui maintenaient la poutre horizontale.
Ce dispositif
évite aux
piliers verticaux de basculer vers l'avant.
Sur cette coupe, on peut distinguer toutes les phases de construction décrites ci-dessus.